Deux situations négatives: effets perturbateurs

Situation: nous étions dans l’atelier Cinoche avec un petit groupe de bénéficiaires. Chacun à leur tour, ils essayaient d’utiliser l’appareil photo. Ce fut au tour de chantal. C’est une femme autiste. Elle se mit à prendre peur en regardant à travers l’appareil. L’image étant mal réglée, elle était floue. Chantal resta  dans un coin de la pièce et ne voulait plus venir près de l’appareil.

Conséquence: cette situation montre l’importance de l’encadrement et de la préparation du matériel afin de ne pas perturber les personnes handicapées mentales qui sont plus sensibles aux images et aux sons qui les entourent. Le flou vu à travers l’objectif a troublé Chantal au point de la faire paniqué. Les personnes autistes ont d’autant plus besoin de repères dans la réalité que les autres, vu leur difficulté à communiquer.

Situation: Jonas est un jeune homme de 23 ans atteint d’autisme, d’une déficience mentale modérée et de troubles du comportement. Il est arrivé récemment à la Maisonnée et a du mal à s’intégrer au groupe. Pendant les activités, il reste assis dans le couloir ou dans le réfectoire avec sa radio et écoute en boucle « la danse des canards » et dit « coin coin ».

Conséquence: le média devient ici un monde dans lequel le bénéficiaire s’isole. Cependant, il a un effet stimulant sur Jonas. Mais le problème est qu’il coupe tout contact avec les autres, ce qui n’aide pas au rétablissement de sa maladie autistique.

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Deux situations positives: effets bénéfiques

Situation: Dans l’atelier Arts graphiques, ils étaient confrontés aux oeuvres d’art de divers artistes peintres et dessinateurs ainsi qu’au journal papier quotidien. Dimitri voit une oeuvre d’un peintre dans laquelle il y a des voitures. Il fait directement le rapprochement avec son thème de prédilection: les voitures.

Bénéfice: il a pu comparer ses peintures à celle là, ce qui lui a permis de s’identifier en quelque sorte. Cela lui a fait du bien dans l’estime de lui-même et il a pu comprendre qu’il n’était pas le seul à peindre des voitures. Il a eu un sentiment d’appartenance.

Situation: nous étions dans l’atelier Cinoche avec un petit groupe de bénéficiaires. Nous regardions avec eux les images de tournage d’une pièce de théâtre qu’ils ont interprété. En se voyant à l’écran, ils sont tous devenus enthousiastes et souriant.

Bénéfice: le fait de se voir jouer un rôle à l’écran leur a permis, je pense, de se sentir comme de vrais acteurs. Ils étaient fiers qu’on les regarde autrement, fiers d’avoir participé à un projet collectif et de voir le fruit de leur travail.

Situations: types de messages médiatiques rencontrés quotidiennement par les bénéficiaires

Dans l’atelier Arts graphiques, ils étaient confrontés aux oeuvres d’art de divers artistes peintres et dessinateurs ainsi qu’au journal papier quotidien. Dimitri voit l’oeuvre d’un peintre dans laquelle il y a des voitures. Il fait directement le rapprochement avec son thème de prédilection: les voitures.

Nous étions dans l’atelier Cinoche avec un petit groupe de bénéficiaires. Nous regardions avec eux les images de tournage d’une pièce de théâtre qu’ils ont interprété. En se voyant à l’écran, ils sont tous devenus enthousiastes et souriant.

Nous étions dans l’atelier Cinoche avec un petit groupe de bénéficiaires. Chacun à leur tour, ils essayaient d’utiliser l’appareil photo. Ce fut au tour de chantal. C’est une femme autiste. Elle se mit à prendre peur en regardant à travers l’appareil. Mais l’image étant mal réglée, elle était floue. Chantal resta comme tétanisée dans un coin de la pièce et ne voulait plus venir près de l’appareil.

Jonas est un jeune homme de 23 ans atteint d’autisme, d’une déficience mentale modérée et de troubles du comportement. Il est arrivé récemment à la Maisonnée et a du mal à s’intégrer au groupe. Pendant les activités, il reste assis dans le couloir ou dans le réfectoire avec sa radio et écoute en boucle « la danse des canards » et dit « coin coin ».

 

 

 

Contexte du lieu

La Maisonnée est un centre résidentiel divisé en plusieurs ateliers.

Dans l’atelier « Arts graphiques », Francis permet aux pensionnaires de laisser libre cours à leur créativité à travers le dessin, la peinture et parfois même le collage. Il met surtout l’accent sur leur motivation à participer à cet atelier, plus que sur leurs compétences, estimant qu’ils doivent s’épanouir avant tout. En même temps, il découvre chez eux de véritables talents qui leur permettent de participer à des expositions et par ce biais d’augmenter leur estime de soi.

Dans l’atelier « terre », Sonia permet aux bénéficiaires qui ont déjà eu une formation artistique en dessin de prolonger leur projet en veillant à garder une cohérence globale dans leur projet artistique. Elle invite ceux qui n’ont pas l’expérience du dessin à s’épanouir à travers la sculpture, la poterie, carrelage et la peinture sur argile. Sonia tient aussi le rôle d’agent artistique en organisant les inscriptions aux diverses expositions et en prenant contact avec les professionnels du milieu artistique. Elle les accompagne dans toutes les expositions pour promouvoir leurs œuvres.

Dans l’atelier « jardin », Benjamin et Stefan les accompagnent dans l’entretien des jardins et du potager de la Maisonnée, le but étant que chaque bénéficiaire trouve sa place et s’épanouisse au contact de la nature. Ce travail leur permet de fournir toute la communauté en fruits et légumes durant toute l’année. Benjamin et Stefan ont pour mission de développer leur esprit d’initiative au service de la communauté et leur sensibilisation au respect de la nature.

Dans l’atelier « marmitons », Marianne initie les bénéficiaires dans la cuisine à la préparation et la confection de mets ainsi qu’à l’exécution de la vaisselle et du nettoyage et tend à les rendre petit à petit autonome dans leurs tâches. Elle leur permet de rendre service à la communauté en préparant les goûters et les repas du soir.

Dans l’atelier « cinoche », Geoffroy tente de déceler et développer les compétences des bénéficiaires à travers la photographie et le cinéma. Son but est de les stimuler et développer leur créativité à l’aide d’outils tels que l’appareil photo, la caméra, le micro, les lumières, et de découvrir leurs talents cachés. C’est pour eux un autre moyen de communication.
Dans cet atelier, l’accent est donc mis sur l’expérimentation. De par ce travail, il comble leurs besoins de considération ce qui les aide à s’accepter tels qu’ils sont et il favorise leur estime de soi. A travers l’écriture de scénarios de films, il laisse libre cours à leur imagination tout en gardant un cadre et en fixant des limites afin qu’ils ne s’égarent pas dans des idées trop farfelues. Il développe aussi en eux l’esprit d’équipe et l’ouverture aux autres afin que chacun trouve sa place et qu’ils aient un sentiment d’appartenance. Dans ce travail d’équipe, ils acquièrent aussi le respect d’autrui. Geoffroy est là pour les épauler et les aider à se découvrir petit à petit à travers l’univers audiovisuel.

J’ai travaillé dans l’atelier « cinoche ». Dans cet atelier, l’accent est mis sur l’expérimentation. De par ce travail, les bénéficiaires comblent leurs besoins de considération ce qui les aide à s’accepter tels qu’ils sont, et cela favorise leur estime de soi. A travers l’écriture de scénarios de films, les résidents laissent libre cours à leur imagination. Mais en gardant un cadre défini et en fixant des limites afin qu’ils ne s’égarent pas dans des idées trop farfelues. Ils développent aussi en eux l’esprit d’équipe et l’ouverture aux autres afin que chacun trouve sa place et qu’ils aient un sentiment d’appartenance. Dans ce travail d’équipe, ils acquièrent aussi le respect d’autrui.

 

Caractéristiques du public rencontré en stage

Caractéristiques générales

A la Maisonnée, plus de 70 % des résidents souffrent d’un double diagnostic auquel vient s’ajouter des problèmes médicaux physiologiques et parfois de l’épilepsie. On retrouve trois catégories de handicap selon l’AWIPH : 111 (déficience légère), 112 (déficience modérée) et 113 (déficience sévère). Ce sont les catégories de handicap utilisées à l’AWIPH (Agence Wallonne pour l’intégration des personnes handicapées) en matière d’accueil et d’hébergement.
Les principaux troubles mentaux ou neurologiques présents sont : Schizophrénie et autres psychoses : 40%, autisme : 16%, borderline (état limite) : 5.2%, troubles de l’humeur : 5.2%, démence précoce : 5.2%, troubles du comportement : 2.5%, Syndrome Cornelia de Lange : 2.5%, Syndrome Lennox Gastau : 2.5% et 26% sont atteints d’épilepsie.

Déficience mentale légère et limite : la scolarité devient un critère fondamental : l’échec scolaire caractérise ces enfants qui, jusqu’à l’entrée à l’école, ont eu le plus souvent un développement psychomoteur normal. Le langage ne présente pas d’anomalie grossière, l’insertion sociale extrascolaire (avec la famille, les autres enfants) est souvent satisfaisante. Il est rare de trouver des anomalies somatiques associées. En réalité ce sont donc les exigences d’une scolarité obligatoire qui conduisent à isoler ce groupe. L’incapacité d’accéder à une structure de pensée formelle représente une limite à la progression dès les premières classes de la scolarité primaire. C’est dans ce groupe que l’équilibre affectif, la qualité des relations avec l’entourage, le poids des facteurs socio-économiques et culturels semblent jouer un rôle fondamental. Ils ont des troubles affectifs, des conduites et du comportement. La présence de ces troubles est sinon constante, du moins très fréquente. Leurs manifestations cliniques dépendent en partie de la profondeur du déficit cognitif.

Déficience mentale Sévère et modérée : ces sujets ne dépassent pas un âge mental de 6-7 ans. Le retard de développement psychomoteur est fréquent. Une certaine autonomie dans les conduites sociales est possible, surtout si l’enfant évolue dans un cadre stimulant et chaleureux, mais un encadrement protecteur reste nécessaire. Le langage reste asyntaxique, quoique son niveau dépende beaucoup du degré de stimulation de l’entourage. La lecture, en revanche, est impossible ou reste au niveau d’un déchiffrage rudimentaire; la scolarisation est impossible. La pensée se maintient au stade préopératoire

Schizophrénie : la schizophrénie fait partie d’une famille de maladies psychiatriques qu’on appelle les troubles psychotiques. Ces troubles psychotiques se caractérisent par l’apparition à certains moments d’une anomalie du traitement de l’information par le cerveau, entraînant une perception ou une interprétation fortement erronée de la réalité. Il existe plusieurs formes de psychoses.

Autisme : l’autisme apparaît avant l’âge de trois ans et se caractérise par la difficulté qu’ont ces personnes à s’adapter à leur environnement ainsi qu’à communiquer et à entrer en relation avec les autres due à un retard ou une absence de langage. Elles gèrent difficilement leurs émotions et ont des difficultés de compréhension de la réalité qui les entoure. Elles ont des comportements répétitifs et stéréotypés qui sont observables dans leurs mouvements, leur résistance au changement et aux peu de centres d’intérêt qu’elles ont dans leur vie. L’autisme est aujourd’hui reconnu par l’INAMI (institut national d’assurance maladie-invalidité) comme un handicap de longue durée qui requiert une intervention et un accompagnement à tous les stades de la vie.

Borderline : les personnes atteintes du trouble de la personnalité borderline – ou état limite – luttent au quotidien contre une hyperémotivité envahissante. Les causes du trouble borderline sont multiples. Si des causes biologiques, chimiques (dérèglement de la production de sérotonine) et des prédispositions génétiques sont manifestes, la maladie se déclare d’avantage chez des personnes ayant subies des abus, des carences affectives ou des séparations difficiles dans leur enfance.

Troubles de l’humeur : Troubles de la santé mentale caractérisés par une instabilité de l’humeur non maîtrisable. Ces maladies se répercutent sur le comportement, la personnalité et les perceptions. La personne atteinte peut être dépressive, exaltée ou les deux. Ces personnes souffrent d’une profonde détresse ou de handicaps dans leurs activités sociales, professionnelles et éducatives. Les symptômes des troubles de l’humeur se distinguent par leur présence et leur durée :
– Profonde détresse
– Difficultés à rencontrer ses obligations professionnelles ou familiales
– Handicap dans les activités sociales et éducatives

Démence précoce : Les patients atteints par cette affection neurologique présente un état mental se caractérisant par des difficultés intellectuelles. La démence précoce survient chez des individus jeunes. Son évolution n’est pas favorable. Les individus atteints de démence précoce juvénile sombrent plus ou moins rapidement dans l’idiotisme le plus irrémédiable (Morel, psychiatre franco-autrichien 1809-1873). Le terme d’idiotie regroupe un degré d’arriération mentale très élevé.

Troubles du comportement : les troubles du comportement sont des anomalies dans la façon d’agir et de réagir. Ils comprennent l’agitation, l’agressivité, l’inhibition, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), les phobies, les désordres alimentaires (anorexie, boulimie…), l’hyperactivité… Dans certains cas, les troubles du comportement peuvent être le signe d’une maladie, par exemple une tumeur au cerveau ou la maladie d’Alzheimer. Certains médicaments peuvent être utiles. Dans tous les cas, un suivi psychologique se révèle nécessaire.

Syndrome Cornelia de lange : le SCDL est un syndrome congénital, cela signifie qu’il est présent à la naissance mais peut ne se manifester que peu à peu, ce qui rend parfois difficile un diagnostic immédiat. Un enfant ne présente pas nécessairement tous les signes ou symptômes.
Caractères morphologiques associés au SCDL : – Traits du visage : petit périmètre crânien (microcéphalie), sourcils bien dessinés se joignant sur le milieu du front, longs cils, nez retroussé, lèvre supérieure longue et fine, bouche aux coins tombants, implantation basse des oreilles.
– Petite stature : à la naissance, les enfants ont habituellement un petit poids et une petite taille. Ils grandissent à leur propre rythme et suivent souvent une courbe de croissance qui a été établie pour le syndrome.
– Anomalies du palais : palais hautement arqué ou parfois fendu.
– Anomalies des membres : il peut exister des malformations (de sévérité très variable) des extrémités, pieds et mains petits, cinquièmes doigts incurvés (clinodactylie) pli palmaire unique, 2ème et 3ème orteils partiellement joints.
– Excès de pilosité.

Syndrome Lennox Gastau : le syndrome de Lennox-Gastaut est un syndrome épileptique progressif qui cause des crises d’absence toniques et atypiques et un retard mental. Le syndrome de Lennox-Gastaut peut être causé par différents facteurs, dont les suivants :
– une blessure au cerveau causée par des problèmes avant ou à la naissance ou autour de cette date;
– des malformations cérébrales
– une infection du système nerveux central (SNC);
– des troubles dégénératifs ou métaboliques du système nerveux.

Epilepsie : une « crise épileptique » est l’expression clinique d’une décharge anormale et excessive des cellules nerveuses (les neurones) du cerveau. Il s’agit d’un trouble momentané de l’activité électrique qui peut être soit limité à une zone du cerveau, soit généralisé à son ensemble. Au moment de la crise, le cerveau ne peut plus fonctionner correctement et envoie des messages erronés au corps. Les crises d’épilepsie peuvent être causées par une « cicatrice »au cerveau résultant par exemple d’un accident, d’une infection, d’un manque d’oxygène, de troubles vasculaires. Plus rarement, elles peuvent être dues à une tumeur. Dans d’autres cas, elles peuvent être liées à des changements biochimiques ou hormonaux. Ces différentes causes sont des facteurs externes. Elle peut être liée à la maturation du cerveau ou due à une sensibilité individuelle le plus souvent d’origine génétique. Il s’agit là de facteurs internes.

Education aux médias

L’éducation aux médias, c’est l’apprentissage du décryptage des médias par le développement d’un sens critique qui nous permet de devenir des citoyens responsables dans le monde numérique. Les médias deviennent le sujet d’étude et d’analyse. Il s’agit de tenter de comprendre leur construction, les messages qu’ils véhiculent ainsi que leurs impacts sur le public. Selon Jacques Piette, « c’est travailler sur les productions médiatiques, sur leurs origines, la manière dont elles sont construites, diffusées et consommées, s’interroger sur les modalités de réception des messages des différents médias et c’est chercher à comprendre la nature de leurs impacts et de leurs effets en identifiant et en se prononçant sur les idées, les valeurs et les points de vue ».

Education spécialisée et éducation  aux médias: rencontre

Dans mon lieu de stage, les résidents étaient confrontés aux médias quotidiennement mais sous surveillance. Ils sont attirés par toute cette technologie et les éducateurs sont là pour leur expliquer et leur montrer la juste utilisation de ceux-ci. Les médias peuvent être un bon outil d’expression ou de détente selon les moments. Je pense que le rôle de l’éducateur est de veiller à ce qu’ils n’en abusent pas mais à ce qu’ils comprennent comment les utiliser et les percevoir, afin d’éviter d’être submergé par toutes ces images et ces sons.

Présentation

Qu’est-ce qu’un éducateur spécialisé?

L’éducateur spécialisé partage la vie quotidienne d’enfants, d’adolescents et d’adultes présentant des handicaps physiques ou mentaux, des troubles du comportement ou encore des difficultés sociales ou d’insertion. Il les accompagnent dans leur parcours de vie en les aidant à tendre vers une autonomie d’action. Il est à l’écoute de leurs besoins et tente avec eux de les combler à l’aide de méthodes et de techniques spécifiques mises en place dans leur quotidien. Il travaille également en collaboration avec tous ceux qui participent à l’action éducative et sociale: psychologues, psychiatres, personnels administratifs, assistants sociaux, enseignants, magistrats, etc.

Mon stage

J’ai effectué mon stage à la Maisonnée, qui est un centre résidentiel pour personnes handicapées mentales adultes. Je les accompagnais au quotidien dans un atelier audiovisuel et cinéma. Mon rôle était de vivre une journée avec eux en essayant de les aider à s’exprimer autrement que par la parole. Grâce à ce travail de proximité, les bénéficiaires acquièrent progressivement une confiance et une estime d’eux-même qui crée une relation de confiance et de respect.